L’ORL a près d’une heure de retard et on sort d’une séance de kiné assez exigeante.
Luca court, il rigole, il s’amuse. J’ai essayé de le retenir, de le calmer... en vain. J’ai fini par lâcher prise… en veillant tout de même à ne pas dépasser certaines limites.

Je sens les regards…

C’est alors qu’une dame pointe Luca du doigt en parlant à sa fillette : « Tu vois le petit garçon là-bas ? Il court et fait du bruit. Ne fais pas comme lui, on est à l’hôpital ici, pas dans une cours de récré ! »

Elle sait que je l’entends, elle sait que Luca est avec moi. Elle m’a blessée.

Une boule dans la gorge, je lui lance « Ce n’est pas de sa faute, il est handicapé ». Elle s’excuse, l’air sincèrement gêné. Mais il est trop tard, je n’arrive plus à empêcher les larmes de couler. Luca se tait, il ne bouge plus. Parfois, je me dis qu’il a un 6ème sens.